Anténor Firmin : De l'égalité des races humaines Au courant littéraire esclavagiste du 18è siècle, succéda celui raciste du 19è. En réponse, les esclaves firent Haïti et leurs théoriciens défendirent par les livres la race noire. C'est dans cette continuité que trois hommes haïtiens se sont levés pour combattre les thèses racistes en cours : Hannibal Price, Louis-Joseph Janvier, Anténor Firmin. Ce dernier s'en prendra en 1885 au champion toutes catégories du racisme, Arthur de Gobineau, et à son Essai sur l'inégalité des races humaines (1855), dans ce livre au titre visionnaire : De l'égalité des races humaines, un incontournable des 100 classiques de la bibliothèque bicentenaire haïtienne. [...]
De l'égalité des races humaines appartient au grand mouvement des idées anthropologiques, sociologiques, philosophiques, historiques, littéraires et morales de la fin du 19è siècle et restera actuelle tant que le racisme ne sera pas éradiqué de nos sociétés. [...]
[éd. Mémoire d'Encrier, 2005]
L'Ancien et le Nouveau. La production du savoir dans l'Afrique d'aujourd'hui Comment s'articulent en Afrique, dans le domaine du savoir et du savoir-faire, l'ancien et le nouveau ? que savions-nous hier, et que savons-nous aujourd'hui ? Quelle était hier, quelle est aujourd'hui la part du mythe dans ce que nous croyons savoir ? Et comment définir, dans chaque cas, le noyau dur des connaissances solides et universellement valables ? Quels droits et quels devoirs nous reconnaissons-nous en tant qu'êtres humains, en tant que femmes, en tant qu'enfants, en tant que peuples ou nations, et quelle conscience avons-nous aujourd'hui de ces droits et devoirs ? Quel est l'impact de ce qu'on appelle aujourd'hui la mondialisation sur l'évolution du savoir, du savoir-faire, et de cette conscience des droits et devoirs ?
A ces questions, et à d'autres qui y sont liées, le présent ouvrage apporte quelques éléments de réponse. C'est le résultat d'un colloque tenu à Cotonou en octobre 2006 sur le thème : "Savoirs traditionnels et science moderne." Il est dédié à la mémoire de Georg Elwert, africaniste allemand disparu en 2005, dont les travaux sur le Bénin, l'Afrique et le Tiers-Monde restent une source d'inspiration pour beaucoup.
[éd. Centre Africain des Hautes Etudes, 2009, Porto Novo]
Kwame Nkrumah : L'Afrique doit s'unir Kwame Nkrumah, ancien président de la République du Ghana, mort en 1972, expose dans cet ouvrage les problèmes qui se posent encore aujourd'hui à l'Afrique indépendante. Dans ce livre, il dresse un bilan du passé et propose des plans d'avenir pour l'édification et le développement d'une Afrique moderne, capable de jouer pleinement son rôle dans le concert des nations.
Kwame Nkrumah n'a cessé de lancer des appels à l'unité africaine. On verra dans ces pages l'importance qu'il attachait à une telle unification, seule voie permettant, selon lui, d'assurer un véritable développement de l'Afrique, dans l'intérêt de tous les peuples qui la composent.
[Col. "Le Panafricanisme", éd. Présence Africaine, mai 2009, 9€]
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On connait suffisamment l’histoire épique de Nelson Mandela, le plus célèbre des prisonniers de Robben Island ; illustre membre du centenaire parti politique panafricaniste de l’African National Congres (ANC) crée en 1912. Celle de Massavana, un héroïque résistant au Yovodah, qui a également séjourné à Robbeneiland près de deux cents (200) ans avant Madiba, mérite assurément d’être tout autant connue et enseignée aux Panafricains.
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Dans sa magistrale contribution au colloque international du CNRS 1971 sur « La notion de personne en Afrique Noire », Youssouf Tata Cissé a livré quelques clefs de compréhension des « Signes graphiques, représentations, concepts et tests relatifs à la personne chez les Malinké et les Bambara du Mali ». Un travail exceptionnellement riche d’enseignements, dont on peut regretter vivement que, 40 ans après sa publication, il demeure encore presqu’entièrement inconnu des milliers d’étudiants nègres des universités françafricaines du « Pré-Carré » ; ces dernières étant occupées à les rendre toujours plus étrangers à une connaissance ancestrale de soi en tant qu’Africains. Que d’usines à fabriquer des générations d’élites aliénées !
Continue reading Cosmo-graphies soudaniennes de Youssouf Tata Cissé
Ernest Alfred Wallis BUDGE a publié, en 1920, l’un des plus importants dictionnaires hiéroglyphiques de référence à ce jour : An Egyptian hieroglyphic dictionary - With an index of English words, king list and geographical list with indexes, list of hieroglyphic characters, Coptic and Semitic alphabets, etc.
Dans sa longue et si instructive introduction du premier tome, l’auteur consacre une section - dont le titre est repris ci-dessus - à la question de l’origine négro-africaine de la langue Mdw Ntjr[1]. On rapporte ici avec délectation quelques extraits d’une prise de position aussi courageuse contre le chamito-sémitisme triomphant de son époque, subrepticement déguisé désormais en afro-asiatisme parfois hargneux ; toujours aussi infécond… (cf. Théophile Obenga : Le « chamito-sémitique » n’existe pas[2] ») Continue reading Egyptian An African Language Fondamentally
On parle de monothéisme à propos d’une religion ne reconnaissant qu’un seul « Etre Suprême » ; dont le nom dans certaines religions est « Dieu », le « Créateur du ciel et de la terre ». En revanche, le polythéisme définit l’attitude d’une religion qui reconnaîtrait plusieurs êtres suprêmes ; religion qui par conséquent attribuerait simultanément plusieurs causes ultimes à la vie. De fait, l’une des plus grosses escroqueries intellectuelles de l’égyptologie consiste en la question spécieuse du monothéisme ou polythéisme à Kmt. D’aucuns égyptologues prétendant que Kama était une civilisation polythéiste, tandis que d’autres - et parfois les mêmes - affirment que le monothéisme est une invention du Fari Amon Ntuapo IV, alias Akhanty (dont le règne est estimé de 1372 à 1355 avant l’ère chrétienne). Pourtant, la croyance en un « Etre Suprême » n’a rien d’exceptionnel, car c’est le cas dans toutes les religions documentées.
Continue reading Kmt, monothéisme, polythéisme : une mystification !
Dans sa thèse de doctorat soutenue en 1997, Ndigi Oum met en évidence de nombreuses similitudes culturelles entre « les Basa du Cameroun et l’antiquité pharaonique égypto-nubienne[1] ». Un travail d’une exceptionnelle fécondité, dont on regrette vivement qu’il n’ait pas (encore ?) été publié par une maison d’édition panafricaniste, à destination des étudiants et autres lecteurs panafricains. La perspective de l’auteur s’inscrit expressément dans le cadre de l’historiographie antadiopienne, avec ce que cela suppose de rigueur méthodologique et de compétence pluridisciplinaire.
Continue reading Les Basa et les Pharaons : une affaire de famille !
Tous les ouvrages sensés faire autorité en matière de vodu ont été écrits par des étrangers, qui ne pratiquent pas cette activité cultuelle ; à quelques rares exceptions près. Parmi ces experts étrangers d’une pratique qui leur est si étrangère, il y a Bernard Maupoil (un administrateur colonial !), Albert de Surgy, Roger Brand, et Pierre Verger devenu « babalawo, prêtre de la géomancie Afà chez les Yoruba ». Presque tous ne parlent aucune des langues des adeptes africains du Vodu ; et sont donc proprement incultes du point de vue des locuteurs de ces langues. A-t-on idée de s’ériger en spécialiste de la culture française, lorsqu’on ne sait ni lire ni parler un traître mot de français !?
Continue reading Le Vodu, du point de vue d’un Tô Bokô
Certes, en chaussant des « lunettes de Blancs » pour observer les phénomènes sociétaux négro-africains, on peut interpréter ces phénomènes d’une manière différente des Blancs ; pourvu que l’on s’affranchisse de la croyance en la « suprématie blanche » et de son corollaire, la « primitivité nègre ». Mais, les préoccupations afrocentriques vont au-delà de ce premier degré d’émancipation épistémologique, en posant la nécessité impérieuse de confectionner soi-même ses propres lunettes - faites d’éléments issus des réalités négro-africaines elles-mêmes - qui permettent de voir autrement le monde en général, et particulièrement l’Afrique. Ainsi, plus qu’une émancipation théorétique, l’afrocentricité vise une Renaissance épistémologique panafricaine.
Continue reading Mulongi, une démarche sociologique afrocentrée
Archétype féminin
Asε (Ȝs.t) est le nom de la « Belle Négresse » que les Grecs appelaient « Isis » ; une figure emblématique millénaire des institutions et pratiques spirituelles négro-africaines. Attesté en Afrique dès le IIIè millénaire avant l’ère européenne, ce nom d’Asε a proliféré sous diverses formes dans les langues africaines contemporaines, notamment : Asa, Aïssa, Aïssata, Aïssatou, Astou, Sita, εssy. En outre, Asε est la soeur de Nabintou (ou Nephthys en grec).
Continue reading Asε, l’Ancêtre-Mère africaine
Ivan Van Sertima est probablement le plus célèbre des auteurs ayant travaillé sur la présence négro-africaine en Amérique « Précolombienne », notamment grâce à son fameux They came before Colombus. Dans l’univers académique francophone, a fortiori africaniste gaulois, cette perspective historiographique est quasiment interdite au profit, entre autres, d’élucubrations négrophobes sur la « politique du ventre ».
Pathé Diagne en a fait un domaine d’étude de prédilection[1], à partir d’une recherche initiale qui avait pour objet de retrouver les traces probantes du fameux voyage transatlantique qu’aurait effectué en 1312 Mansa Bakari II, le prédécesseur de l’illustrissime Mansa Kankou Mousa[2]. Aussi, comprend-t-on que sa carrière universitaire de chercheur se soit déroulée loin des officines africanistes françafricaines ; essentiellement aux Etats-Unis (Harvard, UCLA, etc.).
Continue reading Ta Ra Na : L’Amérique antique est une Ethiopie !
Mustapha Olpak, le petit-fils turc d’un couple d’esclaves africains de l’Empire Ottoman a écrit une biographie de sa famille[1]. C’est le premier ouvrage de ce genre relatif à la vie d’esclaves africains en Turquie, comparativement aux 600 récits d’esclaves nègres documentés aux Etats-Unis ; d’où son importance inestimable en matière d’historiographie du Yovodah.
Continue reading Ahmet et Nuriyé : esclaves nègres en Turquie
Une relique coloniale
Le Code de l’Investissement est un document que trop peu d’Ivoiriens connaissent ; pourtant c’est l’un des plus importants obstacles institutionnels au développement autocentré de la Côte d’Ivoire. Il s’agit d’une loi regroupant un certain nombre de dispositions sensées encourager les investissements, aussi bien des opérateurs économiques nationaux que des étrangers.
D’un point de vue théorétique, ce Code est le descendant de l’Exclusif[1], du Code de l’Indigénat, et surtout du Pacte Colonial[2], au nombre des dispositifs juridiques d’exploitation économique des anciennes colonies africaines par leurs métropoles coloniales. Entré en vigueur pour la première fois en 1959, le Code de l’Investissement visait, au fond, à préserver la quasi immunité fiscale et douanière dont bénéficiaient en Afrique les entreprises coloniales françaises ; lesquelles recevaient même gratuitement de la main d’œuvre locale réquisitionnée par les autorités colonialistes, sous le criminel régime du « Travail Forcé »[3].
Continue reading Le Code de l’investissement ivoirien est une trappe à sous-développement
 Tabo Mbeki
Extrait du discours du président sud-africain Thabo Mbeki, le 30 juin à l’université West Indies de Kingston, Jamaïque, 2 jours avant l’ouverture de la 24e rencontre régulière des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté Economique de la Caraïbe (CARICOM)[1].
Le voisin le plus proche de la Jamaïque à l’est est Haïti. L’année prochaine, 2004, ce pays des Caraïbes célébrera le bicentenaire de sa naissance en tant que première république noire du monde. Nous, de notre coté, nous célébrerons le 10e anniversaire de notre libération de la ségrégation. Nous avons été d’accord avec le gouvernement d’Haïti que, dans la mesure du possible, nous devrions travailler ensemble pour célébrer d’une façon appropriée les deux anniversaires, étant conscient que la victoire des esclaves africains en Haïti en 1804 est directement liée à la victoire de l’Africain opprimé en Afrique du Sud en 1994.
En notre qualité de président en exercice de l’Union Africaine, nous avons également mis la question de la célébration du bicentenaire de la révolution haïtienne dans l’agenda de l’union africaine, dans l’espoir que toute l’Afrique peut s’associer à cette célébration.
Les historiens de l’université West Indies connaissent certainement mieux l’histoire des grandes luttes menées par les esclaves africains d’Haïti pour se libérer de l’esclavage et du colonialisme. à€ cet égard, je voudrais rendre hommage à l’exceptionnel historien caribéen, CLR. James, pour son œuvre fondamental “les Jacobins noir”.
En particulier, les historiens de l’université connaissent bien les liens directs entre les révolutions américaine, française et haïtienne. Mais j’ose dire que nos populations en général, en Afrique ou dans la Diaspora africaine, sont mieux informées sur les révolutions américaine et française que sur la révolution haïtienne. Et je sais, en fait, que très peu de personnes en Afrique du Sud connaissent l’histoire vivifiante des luttes des esclaves africains d’Haïti, qui ont abouti à la défaite de la puissante France et de son empereur, Napoléon Bonaparte.
Nous sommes fermement convaincus que nous devrions saisir l’occasion du bicentenaire de la révolution haïtienne pour inspirer particulièrement notre jeunesse, afin qu’ils prennent conscience de la capacité des masses africaines en Afrique et la Diaspora à changer leurs conditions sociales. L’histoire de la révolution haïtienne devrait faire comprendre à tous nos peuples que, quoi qu’il en soit, les Africains, aussi bien en Afrique que dans la Diaspora africaine, sont capables de remporter de grandes victoires.
Elle doit susciter la confiance parmi les masses africaines et modeler leur conduite, de manière à être nos propres libérateurs de la pauvreté, du sous-développement, de la marginalisation et du paradigme qui nous fait passer pour des populations vivant de la charité des autres.
Quand nous disons l’histoire de la révolution haïtienne, nous ne devrions pas nous arrêter à la glorieuse victoire de 1804. Nous devrions également parler de ce qui s’est produit après, de ce qui s’est produit après que la Diaspora africaine ait donné aux Africains de partout le grand cadeau de la première république noire d’Haïti.
A cet égard, nous devons reconnaître que, les révolutions américaines et françaises ont réussi à créer les conditions du développement des américains et français, tandis que tel n’a pas été le cas d’Haïti. En effet, ce pays a pris une voie diamétralement opposée à celle du développement. En tant qu’Africains, en Afrique et dans la Diaspora africaine, nous devons répondre à la question de savoir pourquoi il y a eu cette divergence d’expérience au lendemain des révolutions américaines, françaises et haïtiennes, qui sont liées. En répondant à cette question, nous pourrons également dire pourquoi, à bien des égards, la condition africaine, certainement en Afrique sub-saharienne, a été catastrophique durant de nombreuses années, en dépit de notre existence comme républiques noires, tel le cas d’Haïti pendant deux cents ans.
Puisqu’ils ne pourraient avoir connu rien de mieux, étant donné l’époque durant laquelle ils ont vécu, certains des grands chefs militaires de la révolution haïtienne, tels Henry Christophe et Jean-Jacques Dessalines, se sont attribués des titres de rois et empereurs. C’était compréhensible. Mais presqu’à la fin du XXe siècle, nous voyions encore l’apparition de nouveaux seigneurs féodaux africains, tels que Jean-Bedel Bokassa de la République centrafricaine, qui s’est proclamée empereur et a rebaptisé la république en empire.
Peut-être au lieu de traiter cet épisode comme un sujet dérisoire qu’on se réserve de commenter, nous devrions nous demander si Bokassa, en fait, ne donnait pas une forme plus précise et plus honnête au contenu de sa conception de chef de la République centrafricaine. Il se peut bien que bon nombre d’entre nous se projettent comme présidents et premiers ministres, avec des prétentions démocratiques qu’ils attachent à ces postes, tandis que, dans la pratique, nous ne sommes rien de plus que des seigneurs féodaux qui règnent à coups de décret sur nos royaumes ou principautés.
Je propose que pendant que nous encourageons les masses africaines en Afrique et la Diaspora africaine, particulièrement la jeunesse, à étudier la révolution d’Haïti après la victoire de 1804, nous leur permettions de mieux comprendre leurs propres conditions nationales. Ceci les aiderait à relever plus efficacement les défis de la Renaissance africaine.
A travers l’histoire d’Haïti se retrouvent beaucoup de sujets qui concernent les défis que nous devons relever. Ceux-ci incluent des problèmes de race, classe, genre, culture et conscience sociale, gouvernance, globalisation et déséquilibres globaux en économie et autres domaines, l’effet de la prépondérance des grandes puissances principales, les possibilités de coopération Sud-Sud et ainsi de suite.
En conséquence, je demanderais à l’université West Indies ainsi que ses partenaires en Haïti, de prendre des mesures afin d’assurer que l’histoire de la révolution haïtienne et de ses conséquences soient communiquées à autant de masses africaines possibles, en Afrique et la Diaspora. Ceci exigera du matériel imprimé, en format radio, télévision et l’Internet. Cela exigera du matériel qui peut être mis en scène ou présenté sous forme de film ou toute autre présentation dramatique.
Ce que je défends est que nous devrions dresser le tableau du bicentenaire de la révolution haïtienne de telle manière qu’elle capte l’attention des masses de nos populations, les amenant à chercher à comprendre ce que d’autres amis Africains sont parvenus à réaliser en Haïti, il y a deux cents ans.
Je demande que nous nous servions de cette occasion unique du bicentenaire de la révolution haïtienne pour nous adresser à nous-mêmes Africains, partout où nous pouvons être, traitant cette grande victoire obtenue par la Diaspora africaine comme vraiment un acquis de tous les Africains, y compris ceux qui sont en Afrique.
Ce pour lequel je plaide encore plus est que nous, en tant que chefs politiques, ainsi que l’intelligentsia africain en Afrique et la Diaspora africaine, utilisions l’occasion de ce bicentenaire pour interroger nos propres expériences, suite à la révolution haïtienne, pour comprendre les complexités de cette histoire et, sur la base de notre étude, nous engager à faire face aux défis du futur.
Je plaide en faveur de l’utilisation de ce bicentenaire pour élever le niveau de la conscience des masses africaines au sujet des tâches de la Renaissance Africaine, et les mobiliser pour agir en vue du changement pour le progrès de leurs causes.
Par Thabo Mbeki
vendredi 4 juillet 2003
[1] Document original publié sur le site AlterPresse
Vers une nécessaire rupture avec l’aide internationale. Quelles nouvelles voies de financement du développement pour la Côte d’Ivoire ?
Ci-après le quatrième et dernier extrait de la contribution de Gisèle Dutheuil, dont le titre est rappelé ci-dessus. Où l’auteur met l’accent sur le rôle crucial que doivent jouer les intellectuels africains dans la diffusion, à destination des peuples africains, des idées de rupture avec la servilité épistémique et le mimétisme politique.
Continue reading La rupture : dans quel contexte et avec quels acteurs ?

Le discours du Président de la République, la veille du 49ème anniversaire de notre pays, se veut, de manière générale, un audit des secteurs politiques, économiques et agricoles. Partant du résultat peu reluisant de ce diagnostic, il propose des esquisses de solution ; de sorte que son intervention se veut un message porteur d’espoir quant à l’avenir de notre pays. Toutefois, afin de mieux faire ressortir notre compréhension de ce message, notre analyse en fera ressortir le bilan politique et économique (I), les solutions du Président et les limites que nous trouvons à cette intervention (II).
Continue reading 49ème anniversaire de la Côte d’Ivoire : analyse du discours présidentiel
Comment financer le développement ?
On présente en plusieurs extraits le texte original de l’intervention de madame Gisèle Dutheuil à la conférence-débat organisée le 25 juillet 2009 à Paris, à l’occasion du lancement en France du Réseau Côte d’Ivoire Diaspora (RECID). Une excellente contribution à la recherche de nouvelles voies en Côte d’Ivoire pour l’exercice d’une souveraineté pleine et entière, en vue d’une stratégie de développement autocentré, endogène. Le texte intégral d’où sont tirés ces extraits est intitulé « Vers une nécessaire rupture avec l’aide internationale. Quelles nouvelles voies de financement du développement pour la Côte d’Ivoire ? »
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Lumumba, un crime d'Etat Dans un opuscule dense et limpide, Colette Braeckman comente les conclusions de la Commission d'enquête parlementaire belge sur l'assassinat de Patrice Lumumba. Si la responsabilité des autorités belges est établie, des zones d'ombre démurent : l'implication américaine, le contexte international, les ressorts de la haine distillée contre Lumumba dans la métropole. Pour colette Braeckman, les conséquences de cet assassinat se font sentir jusqu'à nos jours au Congo. L'ouvrage reproduit en outre trois documents : les conclusions de la Commission d'enquête, le fameux discours de Lumumba dénonçant devant le roi Baudoin les méfaits de la colonisation belge et un témoignage exceptionnel sur les dernières paroles du leader nationaliste.
[auteur : Colette Braeckman, éd. Aden, 2009, 10€. Disponible à ANIBWE]
Mémoires du Général Toussaint-Louverture Voici pour la première fois depuis 1853 le texte intégral des Mémoires de Toussaint-Louverture avec les notes de Saint-Rémy et ses appendices. La présente édition est augmentée du texte du manuscrit original de la main de Toussaint même, retrouvé après de patientes recherches. Des lettres et une carte situant les lieux mentionnés complètent cet ouvrage qui est un double hommage, à la fois à celui que l'on surnommait Le Napoléon noir et à Joseph Saint-Rémy, historien incontournable d'Haïti.
[éd. La Girandole, 2009]
Ottobah Cugoano, Réflexions sur la Traite et l'esclavage des Nègres A la fois récit et essai philosophique, ces réflexions furent l'un des premiers textes abolitionnistes à être écrits au XVIIIè siècle de la main d'un ancien esclave africain. Publiée en Angleterre en 1787, cette pièce essentielle de l'histoire de la conscience noire est enfin rendue disponible.
Cugoano raconte comment, jeune garçon, il fut enlevé sur les côtes de l'Afrique et déporté dans la colonie britannique de la Grenade. Il témoigne de la violence des razzias, des conditions effroyables de la traversée et de la violence de l'exploitation sur les plantations.
Au-delà du récit, Cugoano rédige un véritable acte d'accusation contre les nations esclavagistes. Il signe ainsi au nom de l'Afrique exploitée un réquisitoire sans appel contre les cruautés de l'Europe coloniale.
Autodidacte et pieux lecteur de la Bible, Cugoano se propose en outre de réfuter les justifications de l'esclavage. En philosophe et exégète du texte sacré, l'ancien esclave démlonte systématiquement chacun des arguments allégués pour justifier la domination de ses frères.
Au-delà de l'indignation morale et de la condamnation politique, il entend triompher de l'oppression par la critique intellectuelle : retournant la langue du maître contre elle-même, réfutant la pratique des Européens par les principes mêmes dont ils se réclament.
Editions La Découverte, Label ZONES, Paris, 2009.
Firmin Médénouvo, Coutumier du Dahomey, éd. Présence Béninoise, 2004 En 1933, pour répondre à la circulaire 128 A.P. relative à la codification des coutumes indigènes, une commission anonyme a élaboré et publié le "Coutumier du Dahomey" qui recense avec précision et exactitude les coutumes juridiques de notre pays. Ce code encore en usage dans les tribunaux en matière civile est très peu connu du public et pratiquement introuvable. Tout Béninois s'y retrouve. Nous en présentons ici le texte intégral et pour la première fois, dans un même ouvrage, les circulaires qui permettent d'en apprécier l'esprit. L'auteur en profite pour faire un bref rappel de l'histoire de la justice en République du Bénin. Un ouvrage de référence à lire absolument.
Heike Owusu, Les symboles africains, Guy Trenel Editeur, 1999. Cet ouvrage vous propose des clés d'accès aux puissantes formes d'expression symbolique des peuples et tribus d'Afrique Noire. vous découvrirez tous les aspects d'une vie religieuse toujours très vivante organisée autour d'un culte des ancêtres omniprésent dans l'art comme dans la vie quotidienne : des différents objets de culte aux innombrables masques, de la fascinante écriture symbolique des Ashantis aux objets usuels, des parures et des symboles de statut social aux représentations de la beauté idéale, sans oublier les peintures rupestres des grottes datant d'une ère où le Sahara était encore une terre fertile.
Thomas David, Bouda Etemad, Janick Marina Schaufelbuehl, La Suisse et l'esclavage des Noirs, éd. Antipodes, 2005 En septembre 2001, à Durban, la troisième Conférence mondiale contre le racisme a reconnu que l'esclavage et la traite des esclaves constituaient un crime contre l'humanité. A cette occasion, la Suisse soulignait par la voix de son représentant qu'elle n'avait "rien à voir avec l'esclavage, la traite négrière ou la colonisation". Cette déclaration résume parfaitement l'opinion qui a prévalu pendant plus de deux siècles : la Suisse n'a pas participé à l'esclavage des Noirs. Cet ouvrage rejette cette thèse et révèle, sur la base de matériaux originaux, que des marchands, des maisons de commerce et des financiers suisses ont participé à la traite des Noirs aux XVIIIè et XIXè siècles. Il montre que des citoyens helvétiques ont exploité, aux Amériques, des esclaves sur leurs plantations et que des soldats confédérés ont pris part aux répressions sanglantes de révoltes d'esclaves. Certains Suisses se sont toutefois émus de ces pratiques et engagés dans des mouvements antiesclavagistes apparus au cours des XVIIIè et XIXè siècles. Ce livre lève le voile sur tous ces aspects méconnus de l'histoire suisse.
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